1941-1981
Grâce à Marie-Flore Gagné, les 40 premières années de l'histoire de l'Ordre ont fait l'objet d'une publication en 1982. Voici ce que le président écrivait en préface:
«Que de chemin parcouru depuis ce 28 avril 1941 où avait lieu la première assemblée générale des membres de la Société des techniciens en rayons X du Québec. Il faut rendre hommage à ces techniciens et techniciennes qui ont su poser les jalons de cette corporation professionnelle que nous sommes devenus maintenant.
Faire l'historique de notre corporation c'est en quelque sorte écrire l'histoire de l'utilisation des rayonnements ionisants en milieu médical au Québec. Soeur Marie-Flore Gagné a été un témoin privilégié des grandes étapes de cette histoire. Les événements qu'elle nous raconte dans cet historique ne sont pas seulement le résultat de recherches souvent fort difficiles mais aussi le fruit d'une riche expérience dans le domaine de la radiologie.
Il est intéressant de voir au fil de cet historique comment le développement scientifique a fait évoluer la technique radiologique du simple stade de la manipulation à celui d'une science complexe. Il est aussi fascinant de suivre, parallèlement à ces progrès scientifiques, l'évolution du professionnalisme des techniciens et techniciennes. Toutes les étapes importantes de l'histoire de notre corporation sont marquées par ce désir de parfaire ces connaissances scientifiques pour améliorer la qualité de la technique.
Quant le 27 avril 1961 le gouvernement Lesage fait voter la Loi des techniciens en radiologie médicale du Québec et crée par le fait même une association professionnelle, le sens des responsabilités professionnelles est déjà bien présent depuis longtemps chez les techniciens et techniciennes. La loi ne fait que confirmer une situation de faits en précisant la volonté du législateur de protéger le public contre un outil médical essentiel: les rayonnements ionisants.
Quand apparaît le Code des professions et la Loi des techniciens en radiologie le 6 juillet 1973, une autre page d'histoire est tournée puisque le technicien devient un professionnel à pratique exclusive dont la corporation est dotée de structures administratives susceptibles de faire respecter l'éthique professionnelle.
Soeur Marie-Flore Gagné écrit en conclusion que «beaucoup de chemin a été fait mais il en reste beaucoup à faire». Voilà la constatation première qui s'impose à la suite de la lecture de cet historique de notre corporation. L'avenir que nous pouvons envisager n'est certes pas des plus serein. Le chemin qui reste à faire n'est cependant pas facile. Il est parsemé de défis dont l'un des plus difficiles est certainement de nous tenir au fait de la science pour assumer nos responsabilités professionnelles.
Les techniques tant de diagnostic que de thérapie ont bien évolué depuis quarante ans. Les rayonnements ionisants qui ont été la raison d'être des premiers techniciens ne sont plus les seules techniques employées. Bien au contraire, les rayonnements non-ionisants connaissent un développement phénoménal impensable il y a à peine quelques années. L'ultrasonographie, la résonance magnétique nucléaire ou encore le digital risquent de donner à l'imagerie médicale dans les prochaines années une dimension tout à fait autre que celle que nous avons connue jusqu'à présent.
Le grand mérite de ce travail remarquable de soeur Marie-Flore Gagné est donc de nous permettre d'évaluer dans sa juste perspective l'évolution de notre corporation. Nous sommes à la croisée des chemins. Que serons-nous dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans? Pourrons-nous réussir à relever ce défi de taille auquel nous confronte l'évolution scientifique? On ne saurait exagérer l'importance de cet historique de soeur Marie-Flore Gagné pour nous aider à prendre à la lumière de notre passé les décisions qui s'imposent pour notre avenir.»
Jean-Claude Laflamme, 27 mai 1982.